La vie en copropriété exige une collaboration constante entre les copropriétaires, les administrateurs et, lorsqu'il s'applique, le gestionnaire de copropriété. Pourtant, plusieurs tensions au sein des syndicats de copropriété ne sont pas causées par les règlements ou les décisions prises, mais plutôt par un manque de communication, de compréhension ou de perception.
Voici cinq stratégies simples pour réduire les conflits et favoriser un climat de confiance.
-
Donner une information complète et claire
La transparence est l'un des meilleurs outils de prévention des conflits. Dans plusieurs dossiers, les copropriétaires contestent moins la décision elle-même que la façon dont celle-ci a été communiquée.
Bien que le conseil d'administration dispose d'un délai de 30 jours pour transmettre aux copropriétaires le procès-verbal de toute décision prise lors d'une réunion ou toute résolution adoptée par celui-ci, en vertu de l'art. 1086.1 C.c.Q., il est souvent préférable de communiquer les décisions importantes plus rapidement. En effet, lorsque le procès-verbal est transmis dans le délai légal, la décision a fréquemment déjà été mise en œuvre. De plus, tous les copropriétaires ne consultent pas nécessairement les procès-verbaux.
À retenirUne communication préliminaire par courriel, résumant la décision et ses effets, favorise la transparence et permet de mieux informer les copropriétaires en attendant la rédaction et l'adoption du procès-verbal officiel.
-
Expliquer le processus de prise de décision
Certaines décisions du conseil peuvent être impopulaires même lorsqu'elles sont parfaitement justifiées. Dans ces situations, il est essentiel d'expliquer :
- les obligations du syndicat ;
- les contraintes légales ou financières ;
- les analyses effectuées ;
- les critères retenus pour prendre la décision.
Lorsque les copropriétaires comprennent le raisonnement derrière une décision, ils sont généralement plus enclins à l'accepter, même s'ils ne sont pas entièrement d'accord.
-
Assurer un suivi régulier des demandes
L'absence de suivi constitue l'une des principales sources de mécontentement en copropriété. Même lorsqu'un dossier ne progresse pas ou qu'aucune décision finale n'a encore été prise, il demeure important de maintenir les copropriétaires informés.
Un simple message indiquant que la demande a été reçue et qu'elle suit son cours peut éviter qu'un copropriétaire ait l'impression qu'elle a été oubliée. Le suivi démontre que le conseil d'administration prend les préoccupations des copropriétaires au sérieux.
-
Gérer les attentes
Plusieurs conflits découlent d'une mauvaise compréhension du rôle du syndicat. Certains copropriétaires pensent, par exemple, que le syndicat est responsable :
- de leurs locataires ;
- des conflits privés entre voisins ;
- de certaines réparations qui relèvent de leur partie privative ;
- de toute situation survenant dans l'immeuble.
Pour éviter les malentendus, il est important d'expliquer clairement les limites d'intervention du conseil d'administration dès la réception de la demande. Une bonne gestion des attentes contribue grandement à réduire les frustrations.
-
Assurer l'égalité
Rien ne crée plus rapidement un sentiment d'injustice que l'impression que les règles ne s'appliquent pas à tout le monde de la même façon. Le conseil d'administration doit veiller à appliquer les règlements de manière :
- cohérente ;
- impartiale ;
- uniforme ;
- équitable.
Lorsqu'une situation similaire reçoit un traitement différent sans justification valable, les risques de conflit augmentent considérablement.
Conclusion
Le rôle du conseil d'administration ne consiste pas uniquement à gérer les affaires du syndicat. Une communication proactive, des suivis réguliers et de la transparence permettent souvent d'éviter bien des conflits et de préserver un climat harmonieux au sein de la copropriété.
